Sarko TVJe reviens sur l'allocution du Directeur Général de la République française ce dimanche 10 février à la télévision française.

Tout d'abord la question de la responsabilité :

  • "Le parlement vient de voter la loi autorisant la ratification du traité de Lisbonne"
  • "Pendant la campagne présidentielle je m'étais engagé à tout faire pour convaincre nos partenaires de tourner la page de la constitution européenne"
  • "J'ai dit pendant la campagne présidentielle que c'est ce que je ferais si j'étais élu. Cela faisait parti, mes chers concitoyens, du mandat que vous m'avez confié en m'élisant Président de la République"
  • "Grâce à l'initiative française, grâce à l'Allemagne qui présidait alors l'Union et à la Chancelière Angela Merkel à laquelle je veux rendre hommage, l'Europe dispose maintenant du cadre qui lui était nécessaire pour se remettre en marche"

Nicolas Sarkozy s'y était engagé, le peuple l'a autorisé à 52%, l'Allemagne a été complice de cette réussite, le parlement a voté la loi. Ce n'est donc pas au gouvernement et auprès de lui qu'il faut venir pleurnicher si on n'est pas content, mais auprès de son voisin, son cousin et son collègue qui a voté Nicolas Sarkozy et participé à l'élection du parlement, voire outre-Rhin si on ne connait ni voisin, ni cousin, ni collègue.

Le but du traité :

  • "Ce traité simplifié c'est la France qui a pris l'initiative de le proposer pour sortir l'Europe de la crise institutionnelle dans laquelle elle se trouvait plongée".
  • "Il fallait débloquer un système de décision qui ne correspondait plus aux exigences d'une Europe à 27 qui la paralysait"
  • "Il s'agissait d'abord d'être efficace en instituant les règles qui donneraient aux peuples européens de décider ensemble"
  • "Désormais il y aura plus de démocratie, plus de responsabilité dans le fonctionnement de l'Europe. Les décisions seront mieux contrôlée par les parlements nationaux. Elles seront davantage prises à la majorité qualifiée qu'à l'unanimité"
  • "En affirmant que la concurrence n'est pas une fin en soit, mais un moyen, et en donnant à l'Union comme objectif de protéger ses citoyens, le traité simplifié marque une inflexion par rapport aux dérives qui s'étaient manifestée dans un passé ressent"
  • "De ne plus abandonner l'Europe au seuls jeux des règles automatiques qui ne laissent aucune place à la décision et à la responsabilité politique."
  • "Il faut pouvoir parler de tout, comme dans n'importe quelle démocratie : de la monnaie, qui n'est pas un sujet tabou, de la politique commerciale, de la politique industrielle, de la réciprocité en matière de concurrence ou des dérives du capitalisme financier".
  • "L'Europe doit agir comme une grande puissance, faisant valoir son point de vue et défendant ses intérêts comme le fond toutes les grandes autres puissances dans le Monde"

L'allocution était, faut-il le rappelé, à destination du peuple français pendant le journal d'information. Qu'apprend-on du Traité en lui même ? Pas grand chose sinon que c'était inéluctable, que ça va être merveilleux et qu'on va pouvoir dire et faire. Mais quoi en détails, on n'en saura pas plus. Et à priori, à en croire Valery Giscard d'Estaing, co-parent de la Constitution Européenne, il n'y a rien de neuf, juste une réécriture. Sauf que cette fois, on ne sait pas et le peuple n'a pas voix au chapitre.

Les perspectives à court terme :

  • "Je souhaite que la présidence française soit l'occasion d'avancer dans cette voie. Et c'est dans cet esprit que je proposerai à nos partenaires, comme priorité de travailler sur une stratégie de développement durable, une politique commune de l'immigration, une défense européenne, et une refondation de la politique agricole"
  • "Je veux mettre toute mon énergie pour y parvenir. Je veux que la France donne l'exemple. Je veux qu'elle soit, de nouveau en Europe, une force. Une force de proposition, une force d'entrainement"

S'agit-il donc pour le Directeur Général de préparer le terrain comme il le veut en prévision de sa Présidence de l'Union européenne ? On aurait voulu s'y prendre autrement qu'on n'aurait pas mieux fait.

Enfin sur la forme, si on écoute attentivement l'allocution, la première partie est très confuse, sautant de la façon dont le traité à été adopté au la finalité du traité. Il n'y a que la fin du discours et les perspectives de Présidence qui sont claires. Et si finalement il ne fallait que se focaliser sur la forme que sur le fond pour comprendre les enjeux défendus par Nicolas Sarkozy ?