EndiveEt c'est reparti ! Notre cher Directeur Général de la République, sans doute par peur d'être mal mené quant à la cohérence entre les promesses électorales et leurs réalisations, donne un coup d'accélérateur à la baisse du nombre de demandeurs d'emplois. Et pour faire descendre ce chiffre, il y n'a pas trente-six mille façons de procéder : soit on relance la machine économique soit on met les inscrits à l'ANPE sur le trottoir. Et il semblerait que ce soit la deuxième solution qui soit retenue, intiment les chômeurs à ne pas refuser plus de deux offres acceptables au risque de se voir radier des registres des demandeurs d'emploi sinon. Ainsi, diplômé des beaux-arts et sans moyen de locomotion personnel, il faudra accepter d'aller trier des endives à 30 km de son lieu d'habitation par exemple et recevoir une rémunération qui est sans aucune mesure en accord avec ses compétences au risque de se retrouver sans ressource. Après tout, une offre de tri d'endives à un diplômé des beaux-arts est acceptable, tout est question de subjectivité dans le domaine. Bref, les demandeurs d'emploi vont devoir accepter de se faire mettre profond contre rémunération. Faire la pute en somme.

Au delà de la méthode, ce qui m'inquiète le plus, c'est le risque encouru par les salariés qui sont appelés, par ce type de mesure, à se retrouver sur un marché du travail qui, si il n'a plus de pénurie de main d'œuvre, pourrait tirer les salaires vers le bas (la loi de l'offre et de la demande est mécanique) d'un côté, et voir la part des secteurs de pointe continuer à augmenter les rémunérations (une fois l'économie artificiellement relancée), laissant encore pour compte la classe moyenne. A plus long terme, c'est même l'économie qui risque de s'en ressentir si la relance du marché du travail ne s'accompagne pas d'une relance du pouvoir d'achat et donc de la croissance.

D'un point de vu personnel, en plus de ce qui me semble être une bourde monumentale, ce processus qui consisterait à mettre à mal les conditions des citoyens pour faire aboutir des promesses électorales par pur orgueil me semble particulièrement déplacé.