Happygay - Blog d'un homo manceau

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09déc.

Un mois ? Quel émoi !

RTTLe Monde.fr titre dans un article paru aujourd'hui Projet de loi sur le pouvoir d'achat : les Français pourraient "gagner" un mois de salaire. On y lit ceci :

Selon les calculs de Bercy, cités par le journal, une mère célibataire gagnant 1.600 euros par mois et payant un loyer de 600 euros pourra augmenter son pouvoir d'achat d'un montant équivalent, en cumulant la prime à la cuve (150 euros), une prime de 460 euros net de son employeur, quatre jours de RTT rachetés (284 euros), les effets de l'indexation des loyers (101 euros) sur l'inflation et une baisse des prix dans la grande distribution (600 euros) consécutive à la réforme de la loi Galland.

Analyse :

  1. La prime à la cuve est accessible aux personnes non imposables. Ce n'est a priori pas le cas de cette mère célibataire. Quand bien même il faudrait que cette dernière se chauffe au fioul. Ceci ne concerne que 6.2% selon l'INSEE. Autant dire une minorité.
  2. La prime de 460 euros de l'employeur ne repose sur aucune certitude, cette prime est soumise à l'appréciation de l'employeur. Il s'agit d'une attribution arbitraire qui peut varier entre tout et rien.
  3. Le rachat de RTT suppose qu'on dispose de RTT. Seuls 6 des 10 millions de salariés passés aux 35 heures en 2006 avaient accès à ce dispositif. Sans parler des salariés qui ne sont toujours pas passés aux 35 heures.
  4. La baisse des prix à la consommation n'est qu'une supposition. L'Etat demande aux entreprises de jouer le jeu, ce qui prouve que rien n'est certain dans ce domaine.

En conclusion, on est loin d'une généralisation du "gain" annoncé par Bercy et je pense qu'on peut sans hésitation qualifier ce communiqué d'effet d'annonce, rien de plus.

02déc.

RTT, danger...

Consommer, c'est existerIl n'aura manqué à personne que le Directeur Général de la République est intervenu cette semaine, à la veille de la volonté de boycotte de sa personne dans les médias, pour donner des mesures pour relancer le pouvoir d'achat. Les idées sont simples, pour ne pas dire simplistes. Prenons les deux mesures phares.

Première mesure : racheter les RTT. Pour rappel, les Réductions du Temps de Travail profitent principalement à des cadres, donc des salariés disposant de rémunérations supérieures. Ainsi, ces salariés qui disposent déjà d'un pouvoir d'achat confortable auront accès à un pouvoir d'achat qui le sera encore plus. Mécaniquement, on peut s'attendre à ce que les prix pratiqués à terme par les commerces augmentent, ce qui semble logique dans un marché économiquement sous tension. Les plus précaires le resteront autant puis le deviendront encore plus.

Deuxième mesure : négocier avec son employeur pour travailler plus. Pour cela, il est proposé d'exonérer l'employeur des charges patronales pour les heures supplémentaires effectuées. Sur le papier, ça peut sembler séduisant, mais dans le concret il y a deux éléments à redouter. La première c'est que l'employeur refuse d'accorder l'accès à des heures supplémentaires, simplement parce que la production l'impose : les stocks coutent cher, par exemple, mais aussi parce que les heures supplémentaires sont rémunérées à un taux supérieur . La seconde c'est que les employeurs qui ont besoin de main d'oeuvre ne fasse pas appel à l'embauche, mais à des heures supplémentaires pour palier à des pointes d'activité. Et là, encore une fois, le risque de créer de nouvelles distensions sont à craindre : ce sont les contrats précaires (CDD et Intérimaires) qui seront frappés de plein fouet. Notons au passage que dans tous les cas ce sera à l'avantage des propriétaires qui pourront dégager des profits supplémentaires en rognant sur les marges.

Bref, je suis perplexe quant au bien fondé de ces mesures, à même de creuser davantage d'injustice sous les bannières Liberté, Egalité, Fraternité.