Le Monde.fr titre dans un article paru aujourd'hui Projet de loi sur le pouvoir d'achat : les Français pourraient "gagner" un mois de salaire
. On y lit ceci :
Selon les calculs de Bercy, cités par le journal, une mère célibataire gagnant 1.600 euros par mois et payant un loyer de 600 euros pourra augmenter son pouvoir d'achat d'un montant équivalent, en cumulant la prime à la cuve (150 euros), une prime de 460 euros net de son employeur, quatre jours de RTT rachetés (284 euros), les effets de l'indexation des loyers (101 euros) sur l'inflation et une baisse des prix dans la grande distribution (600 euros) consécutive à la réforme de la loi Galland.
Analyse :
- La prime à la cuve est accessible aux personnes non imposables. Ce n'est a priori pas le cas de cette mère célibataire. Quand bien même il faudrait que cette dernière se chauffe au fioul. Ceci ne concerne que 6.2% selon l'INSEE. Autant dire une minorité.
- La prime de 460 euros de l'employeur ne repose sur aucune certitude, cette prime est soumise à l'appréciation de l'employeur. Il s'agit d'une attribution arbitraire qui peut varier entre tout et rien.
- Le rachat de RTT suppose qu'on dispose de RTT. Seuls 6 des 10 millions de salariés passés aux 35 heures en 2006 avaient accès à ce dispositif. Sans parler des salariés qui ne sont toujours pas passés aux 35 heures.
- La baisse des prix à la consommation n'est qu'une supposition. L'Etat demande aux entreprises de jouer le jeu, ce qui prouve que rien n'est certain dans ce domaine.
En conclusion, on est loin d'une généralisation du "gain" annoncé par Bercy et je pense qu'on peut sans hésitation qualifier ce communiqué d'effet d'annonce, rien de plus.
Il n'aura manqué à personne que le Directeur Général de la République est intervenu cette semaine, à la veille de la volonté de boycotte de sa personne dans les médias, pour donner des mesures pour relancer le pouvoir d'achat. Les idées sont simples, pour ne pas dire simplistes. Prenons les deux mesures phares.