Ca se précise concernant les dispositions relatives à l'immobilier. Ainsi donc, à l'achat, les heureux propriétaires pourront prochainement déduire de leurs impôts, 20% des intérêts avec un plafond de 1500 € pour un couple, 750 € (pile la moitié) pour les célibataires avec 100€ de plus par personnes à charge. Pour parler de chiffres compréhensibles, ce plafond correspond à 1500 x 5 = 7500 € d'intérêts. Sur une moyenne nationale de 4% d'intérêts sur les crédits immobiliers, on tend vers des prêts de 187.500 euros pour un couple. Et si on transpose sur une personne célibataire, on arrive à 750 x 5 = 3750 € d'intérêts, un prêt de 93.750 euros. En gros, donc, si on est en couple, avec une situation qui permet d'accéder à un prêt immobilier, on est plutôt à l'aise. En revanche, si on est célibataire, en plus des charges de la vie quotidienne qui sont supportées seul, on gagne moins avec ce système.

Ensuite, cette déduction d'impôt, ne porte que sur les 5 premières années de remboursement. Ceux qui ont contracté un crédit immobilier après 2002 sont donc potentiellement concernés. Pour les autres, après une lueur d'espoir, il n'y aura finalement point de salut. Le plus terrible dans cette affaire, c'est que les 5 dernières années, beaucoup ont pu profiter d'un crédit à taux zéro. Ainsi, donc, rien de nouveau. Ceux qui ont contracté avant 2002 l'ont donc dans le baba, et ceux qui ont contracté après ont de la chance, voire ne sont pas concernés par cette mesure, bénéficiant déjà de dispositions plus favorables. Ceci étant, ça risque de ne pas durer : le prêt à taux zéro risque de céder la place à cette nouvelle disposition fiscale. Le prêt à taux zéro étant décrié comme étant la cause de la flambée des prix de l'immobilier. On est donc loin de la promesse du Directeur Général de la République ces dernières jours au Havre :

Parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m’y suis engagé, s’appliquera à tous les emprunts en cours

Enfin, c'est une déduction d'impôt et non pas un crédit d'impôt. Il faudra donc être imposable pour bénéficier de cette mesure. Ainsi, si il y a un accident de parcours dans le parcours professionnel, exit le bénéfice de cette mesure là où on en aurait le plus besoin.

En conclusion, c'est ainsi une mesure qui confortera, une fois de plus, les ménages aisés, laissant les personnes en situation plus modeste sur le banc de touche. C'est également une mesure qui devrait coûter cher. On parle de 10 milliards d'euros, voire 12 milliards avec un effet de vases communiquants sur les finances de l'Etat. Vu comme c'est parti, on risque donc de connaître une hausse de la CSG et/ou de la TVA. Un bénéfice pour une poignée de vernis, une charge supplémentaire pour tous, y compris ceux qui sont déjà en position de difficulté.

Pour conclure en un mot : scandaleux !