ComunicationJe viens de lire un billet sur le blog Des Nains Portent Nawak où Zep - que je connais de longue date - nous fait part de son expérience naissante concernant les réseaux sociaux et plus particulièrement Facebook. J'étais sur le point de mettre un commentaire, mais vu la longueur et la teneur, je le fais ici. Précision : Zep, ce billet n'a rien de personnel. ;-)

En fait, je suis super partagé sur Facebook. Quelques uns de mes collègues y ont leurs profils, parlent de leur "amis" virtuels (et plus encore de leur quantité) mais quand on en arrive à demander ce qu'ils ont fait durant le week-end, ben c'est quand même vachement le néant point de vue relationnel. Je me dis que finalement Facebook pourrait bien être un réseau de désocialisation qui, et ça n'engage que moi, à force d'aseptiser la relation affaibli l'animal sociable qui est en chacun de nous au profit de l'animal égocentrique qui s'entoure de contacts faciles (entendre sans effort, cliquer n'est pas un effort en soit), sans grande épaisseur, pour des rapports plutôt stériles. Ca n'engage toujours que moi, j'ai plus l'impression que Facebook, dans son fonctionnement, donne l'illusion d'avoir des relations et que l'esprit s'en contente naïvement : sentiment d'exister puisque qu'on interagit, sentiment de puissance puisqu'on semble pouvoir séduire (ou pour le moins attirer l'attention) au prix d'un appauvrissement de la notion d'effort (cliquer c'est pas si difficile), de la notion d'intimité partagée (combien se sont livrés sans pudeur ?), du rejet de la remise en question de ses propres idées (encore un clic, et Untel n'est plus dans ma liste sans avoir droit à la moindre explication), en quelques mots d'échapper à une réalité contraignante et pourtant structurante.

Bref, pour faire clair, Facebook me fout les jetons et je suis super frileux à l'idée d'y installer ma fiche (les données personnelles, c'est pipi de chat à côté de ce qu'on peut partager dans la vraie vie). Si il y a des habitués du lieu dans la salle, je veux bien qu'ils éclairent ma chandelle sur la question.