Comme Christine Boutin, je ne tolère pas que des tentes de mal-logés poussent rue de la banque ou encore rue Godefroy-Cavaignac, près de la place de Stalingrad. Mais pas pour les mêmes raisons.
C'est une situation intolérable alors que nous entrons dans l'hiver et que le gouvernement ne fait pas usage de la loi de réquisition qui lui permet la prise de possession partielle ou totale des locaux à usage d'habitation vacants, inoccupés ou insuffisamment occupés, en vue de les attribuer aux personnes dépourvues de logement ou logées dans des conditions manifestement insuffisantes.
C'est une situation intolérable alors que le gouvernement attend que des associations qui viennent en aide à ces personnes fournissent des listes de personnes à reloger en urgence. Il s'agit de demander à des responsables associatifs de faire des choix parmi celles et ceux qui sont installés dans des tentes et de reporter sur ces responsables associatifs la responsabilité de laisser à la rue des hommes et des femmes.
C'est une situation intolérable alors qu'il n'y a plus d'encadrement de loyer d'origine depuis le 1er août 1997, ce qui a entraîné aussi une augmentation des prix des habitations à la vente et créé l'émulation dans la spéculation immobilière.
C'est une situation intolérable alors que Christine Boutin fait état de gesticulation médiatique
quand ces mal-logés font l'objet d'une instrumentalisation les présentant comme des contrevenants alors qu'ils sont victimes d'abus. N'oublions pas que parmi eux, des mal logés ont un salaire décent qui se trouve englouti dans des loyers exorbitants dépassant 1000 euros pour des chambres de bonnes insalubres.
C'est une situation intolérable alors que les riverains, bien au chaud, se plaignent de nuisances, de problème d'hygiène, que des commerçants ne parlent que de leur chiffre d'affaire en souffrance quand c'est un drame humain qui se déroule sous leurs fenêtre et auquel ils assistent passivement, sans agir.
Ne serait-il donc pas tant que le gouvernement prenne ses responsabilités ?
Liens : Ministère de la Crise du Logement, Association Droit Au Logement (DAL), Mail de Christine Boutin.
