Il sera très certainement compliqué pour le premier Premier Ministre sous la gouvernence de notre nouveau Directeur Général de la République de trouver sa place.
En effet, l'article 18 de notre constitution prévoit que :
Le Président de la République communique avec les deux assemblées du Parlement par des messages qu’il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat.
Et notre Directeur Général de la République entant bien réformer la Constitution et plus particulièrement cet article afin de pouvoir se présenter devant le Parlement. Ceci pose donc la quesiton de la légitimité du Premier Ministre qui est supposé défendre les projets de loi devant le Parlement si le Chef de l'Etat est autorisé à y aller lui-même, et surtout à en débattre. Aussi, si le chef de l'Etat est en mesure de se présenter devant les assemblées, il me semble qu'il serait alors en position de force pour influencer fortement les délibérations, étant en mesure, selon l'article 10, avant l’expiration d'un délai de 15 jours, demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Et quand on dit demander, c'est plutôt ordonner, cette nouvelle délibération ne pouvant être refusée. En clair, au cas où la première délibération ne plairait pas au petit Nicolas, il pourrait alors entrer personnellement dans le débat et influencer une décision. Moi, ça me pose un vrai problème. Deux, même.
D'abord un problème quant à la capacité des parlementaires à débattre et délibérer en leurs ames et consciences. C'est tout de même le minimum quand il s'agit de prendre des décisions qui peuvent influencer le quotidien du peuple (rappel de l'aricle 2 de la Constitution : le principe de souveraineté de la Cinquième République est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple
).
Ensuite, il me semble qu'ouvrir la porte sur de telles pratiques pourrait faire reposer sur les parlementaires une lourde responsabilité. En effet, agir ainsi pourrait permettre de contourner le fameux 49.3 (Le Premier ministre peut, après délibération du conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent
) tout en s'affranchissant de la possibilité de motion de censure. Et quand on connait les talents de communiquant de notre Directeur Général de la République, et ça capacité à vociférer des menaces (cf. sa p'tite crise en maquillage chez France 3 ou encore ses propos vis-à-vis d'Azouz Begag...) il y a de quoi s'inquiéter. On n'en est pas au totalitarisme, mais on pourrait bien y voir une première pierre. N'oublions pas que notre Directeur Général de la République a la faculté de dissoudre l'Assemblée...
Pour terminer, je reprend l'analyse Denys Pouillard, directeur de l'observatoire de la vie politique et parlementaire : "Ce sera un président qui préside en ayant comme interlocuteur l'opinion, et non plus comme actuellement le Premier ministre et le Parlement". Ca laisse de beaux jours au sentiment d'insécurité.
