04oct. 2007
¡ Viva España !
11:56 - Par MaxLeMans - Vagabondage
Je rentre d'un séjour passé en Espagne avec un ami très cher. C'était la première fois que j'allais dans ce pays, mais sûrement pas la dernière fois. Plus qu'un voyage, c'est une révélation.
Notre voyage a d'abord commencé par une visite de la Navarre, partant de Toulouse à destination de Pamplone en suivant le chemin de Saint Jacques de Compostelle. La première surprise a été la qualité des infrastructures routières. On sent une véritable volonté des régions espagnoles d'entretenir les chaussées, mais également assurer les aménagements de sécurité avec de très nombreux panneaux indicateurs au moindre danger. Chose surprenante également, les routes nationales sont généralement tracées à côté des villes et villages qu'elles ne traversent pas, mais qu'elles longent. Il n'est pas rare de voir un village à un ou deux kilomètres au loin, avec une route secondaire pour assurer sa desserte. Toujours concernant le réseau routier, l'Espagne a beaucoup développé les autovia : des autoroutes gratuites, sortent de voies express, où la vitesse est limitée à 120 Km/h.
Durant notre trajet vers Pamplone, nous avons croisé de nombreux sites historiques, dont un château, el Castillo de Javier. Ce château a fait l'objet d'une restauration complète. Quand nous trouvons des châteaux en ruines en France, l'Espagne restaure son patrimoine historique et l'ouvre au public pour narrer l'histoire du lieu et de ses habitants. Ce qui correspond à une prise de conscience de la richesse que possède le pays, richesse visitée par les Espagnols eux-même, effectuant 80% de leurs séjours touristiques au sein même du pays. Et bien entendu, ce château n'est pas une exception, le même traitement est réservé à d'autres sites remarquables comme ce château. Enfin, en bonne intelligence, l'accès aux visites est plus qu'abordable : 1,80 euro/adulte seulement pour visiter ce monument, les collections, les mises en scène qu'il possède.
L'Espagne est également un pays que j'ai trouvé très en avance par rapport à la France en ce qui concerne les questions environnementales. C'est en particulier le cas pour les énergies renouvelables qui font l'objet d'un investissement important. C'est le cas pour les éoliennes qui sont implantées par milliers un peu partout dans le pays, mais aussi les panneaux solaires qu'on trouve en quantité dans des grands champs dans les zones désertiques du pays. Les espagnoles sont également très sensibilisés sur les questions de la maîtrise des énergies et du respect de l'environnement.
A Madrid, par exemple, de nombreuses campagnes d'affichage rappellent que l'usage des transports en commun diminue la quantité de CO2 émis dans l'atmosphère. J'ai d'ailleurs trouvé ces campagnes intelligentes : elles parlent d'éléments factuelles et laissent aux lecteurs la prise de conscience de ses actes et la possibilité de modifier ses habitudes. On est loin des messages pédagogiques : des faits, que des faits. C'est ainsi que pour les Espagnols il est normal d'éteindre un robinet à chaque fois qu'il n'y a pas besoin d'eau : on arrête la douche quand on se savonne, on ne laisse pas couler l'eau, le temps de poser l'assiette qu'on vient de rincer et de prendre la suivante. De même, tous les réservoirs de toilettes, y compris les toilettes publiques, sont équipés d'un bouton de demi-chasse.
L'Espagne entame également un grand chantier pour mettre en place de nouveaux moyens de transports. C'est le cas des lignes ferrées à grande vitesse, encore absentes, pour relier les grandes villes du Pays. Une ligne Barcelone - Madrid est en cours de préparation, ligne qui sera également accessible depuis la France. Il s'agira de réduire l'emploi des transports par cars ou par avions, actuellement très prisés. A noter, pour Madrid, que la ville est dotée d'un métro très performant. Il s'agit en fait de rames qui ressemblent plus à nos lignes de RER avec de grandes voitures. Un choix qui n'est sûrement pas innocent puisqu'il permet pour un nombre de rames réduites et plus espacées dans le temps (donc moins consommatrices en énergie) de transporter autant de personnes. Il faut au passage que, contrairement à une idée reçue, les Espagnols sont particulièrement respectueux des locaux publics. Il est assez rare de trouver des déchets sur les quais du métro, mais aussi sur les trottoirs des rues. Sans pour autant voir un nombre de poubelles plus important qu'en France.
Je crois que plus largement, le respect est une notion générale très largement appliquée par les Espagnols. C'est un tout. C'est ainsi que les Espagnols, contrairement à nous, ne sont pas repliés sur eux-mêmes, mais au contraire s'ouvrent aux autres. j'ai été particulièrement surpris de trouvé des personnes qui s'arrêtent toujours quand on leur demande son chemin, voire même que d'autres passants se greffent spontanément à la conversation pour apporter leur aide. On est loin du français moyen qui se casse sans même dire un mot quand on l'interpelle. Sûrement par ce que les Espagnols se retrouvent tous les soirs autour d'un verre de te tapas entre amis, chez soit ou dans un bar. On échange, on apprend à se connaître, on partage la tortilla qu'on a fait avant de venir, on rigole, on se confie. La notion d'homme animal sociable prend tout son sens.
C'est sûrement aussi pour cela, qu'on retrouve à une même table sur la place à la sortie du métro Chueca une mamie, son mari, deux homos, l'un assis sur les genoux de l'autre, avec des amis en train de discuter et rire. Pas forcément besoin d'être dans le quartier de Chueca pour vivre qui ont est, comme ces deux hommes (voir photo) qui marchent enlacés en plein samedi après-midi dans le quartier commerçant de Grande Via où ces deux jeunes mecs qui se sont embrassés goulûment juste devant moi dans l'escalator qui menait au quai de la ligne Circular du métro à la station O'Donnel. Et j'en passe.
J'ai été également très agréablement surpris par se fort sentiment de liberté, de sérénité dans cette grande ville, capitale Espagnole de plus de trois millions d'habitants. Peut-être parce que la ville de Madrid est une ville très aérée, au grandes avenues. Peut-être aussi parce que, contrairement à ce qu'on peut connaître actuellement en France, la Guardia Civil et la police sont au service du peuple et non pas au service du gouvernement. Peut-être enfin parce qu'on ne se retrouve pas écrasés par le stress de la foule, par la pollution sur les façades des bâtiments et que finalement, tout en étant soit même, on fait corps avec la ville et son activité. Bref, un séjour qui m'a beaucoup touché, une vraie révélation, une invitation à revenir... et pourquoi pas ne plus en repartir !
