Pourtant, à l'éducation nationale comme ailleurs, chacun crie haut et fort au respect de la vie privée, non à la discrimination, connait les statistiques propres à la pédophilie et sait parfaitement que l'orientation sexuelle n'est pas en cause, la plupart des pédophiles étant hétérosexuels.

Comment expliquer dans ce cas ce qui vient de se produire au Lycée Le Corbusier à Saint-Étienne-du-Rouvray en Seine-Maritime ?

Lors de la réunion préparatoire de rentrée, le proviseur aurait informé l’assistance que l'un des professeurs de français de l'an dernier, avait quitté l'établissement de son plein gré et que toute rumeur le concernant sera sévèrement réprimandée par l'administration. Dans l'assistance, c'est la consternation, aucun enseignant n'ignore que le professeur de français absent qui n'avait jamais caché son homosexualité, a fait l'objet d'une lettre de dénonciation anonyme de la part d'une collègue de travail qui en appelle à la morale.

En effet, des élèves sont parvenus à se connecter sur un site Internet de rencontres pour adultes homosexuels, y ont trouvé le profil de leur enseignant, avec une photo nu de dos. Ils ont prévenu d'autres enseignants.

Ce site Internet n'est pas interdit, il est réservé aux adultes consentants qui doivent créer un compte pour s'identifier. Les parents n'ont pas activé le contrôle parental sur les ordinateurs de leurs enfants, sinon, ils n'auraient jamais pu accéder aux profils des internautes inscrits. Les enfants, leurs parents et les enseignants complices ont attenté à la vie privée du professeur de français en toute impunité, mais pire encore, comme cet enseignant est homosexuel, il fait l'objet d'une sanction pour motif d'immoralité et se retrouve muté dans un autre établissement, soit disant de sa propre initiative. En fait, il a été convoqué au rectorat de Rouen où lui a été proposée une mutation qu’il a acceptée afin d'éviter le risque d'être frappé d'une mesure disciplinaire.

Si les élèves avaient trouvé un profil de leur enseignant sur un site de rencontres hétérosexuelles que se serait-il passé ? Probablement rien, rigolades, complicités et puis c'est tout.

La loi interdit la discrimination homophobe sur le lieu de travail, mais dans les faits qu'en est-il ? Combien d'enseignants français sont-ils confrontés à des situations similaires ?

Le Centre LGBT Paris IDF demande que soient enfin prises les mesures nécessaires pour lutter efficacement contre l'homophobie subie autant par des enseignants que par des élèves dans l'éducation nationale.

Christine Le Doaré Présidente Centre Lesbien Gay Bi et Trans. Paris IDF

PJ : lettres de délation (voir annexe ci-dessous)