Happygay - Blog d'un homo manceau

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Politicage

Les p'tits mot des politiques et mon avis sur la question

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28avr.

Souvenir

Ce dimanche avait lieu un peu partout des cérémonies commémoratives en hommage aux victimes déportées. Cette année dans ma ville les déportés homosexuels n'ont pas été mis à l'écart, le Centre Gay et Lesbien du Mans a été officiellement invité par la Préfecture à participer. Nous étions donc participant dans le cortège officiel et la gerbe qui a été déposée a reçu notre contribution financière.

Une fois de plus, une cérémonie émouvante. En particulier avec ce chant.

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

Jean Ferrat - Nuit et Brouillard

En mémoire de toutes les victimes.

20avr.

Lettre ouverte d'un actionnaire

Le Journal des Finances nous gratifie d'une lettre ouverte sur son blog, lettre écrite par Georges Valence, Head Of Equity Derivatives Operations Projects à Paris à en croire LinkedIn. En français c'est Chef de Projets en Opérations de Produits Dérivés. En français plus clair, un gestionnaire de fonds spéculatifs. En un mot, un boursicoteur.

Notre chef de projets expose trois questions dans sa lettre ouverte qu'il adresse à Xavier Niels, fondateur, vice-président, directeur délégué à la stratégie et accessoirement actionnaire majoritaire par plus des deux tiers des titres de son entreprise, la bien nommé Iliad, questions que voici :

1) La première concerne votre tactique à l'égard du marché et de vos concurrents. Se positionner en Robin des bois défenseur du consommateur et de l'internaute était habile pour une entreprise qui devait se faire une place au soleil et n'avait pas les moyens de mener une politique de communication classique face à un géant comme Orange. Mais maintenant qu'Iliad est bien installé sur le marché, pourquoi poursuivre sur ce ton ? Pourquoi traiter votre concurrent de « délinquant multirécidiviste » ? Cette posture plaît peut-être à tel jeune internaute qui croit faire la révolution lorsqu'il surfe sur Free plutôt que sur l'« oligopole » Orange, mais cela inquiète l'actionnaire qui sait que l'installation d'un réseau de fibres optiques passera par un arrangement avec le principal opérateur. Cette gestion plus médiatique que stratégique finira par avoir une incidence sur le coût des investissements.

En gros, Georges Valence se pose la question de savoir pourquoi Xavier Niels s'entête à taper sur la tête du mastodonte France Télécom quand il pourrait pactiser et installer rapidement son réseau de fibres optiques. Avec un petit effort, il serait possible de passer en phase de production à court terme et engendrer des profits immédiats. Les consommateurs ? Ben ils s'adapteront et tant pis s'ils doivent payer plus cher leur abonnement à Internet. De toutes les façons y a pas grand risque : ils sont captifs. Pitoyable !

Iliad a une stratégie diamétralement opposée à ses concurrents en souhaitant installer un réseau de fibres points à points (en clair : un accès privatif par abonné entre le nœud de raccordement optique et le local de l'abonné) et en installant systématiquement deux fibres, dont une non exploitée. L'idée est de pouvoir ensuite louer son réseau à d'autres opérateurs - là où se trouvent les moyens financiers - sans que ce soit au détriment du consommateur. Mieux, Iliad annonce, via sa fondation d'entreprise, son intention de proposer un accès social gratuit aux habitants d'un immeuble qu'il a fibré (entendre : un accès moyen débit limité au surf et au mail, une ligne téléphonique où on peut recevoir des appels et appeler les services d'urgence et les services sociaux ainsi qu'un accès aux chaines de la TNT). Bref, aussi de la technologie citoyenne en plus de la technologie commerciale.

2) Des coûts qui s'annoncent déjà sévères : 2 milliards au moins. « Ce sont les cerveaux qui produisent l'innovation, pas le carnet de chèques », vient de déclarer votre directeur général, Maxime Lombardini. Le propos est altier, mais, maintenant que dans l'ADSL les concurrents ont rattrapé leur retard initial sur Free, toute nouvelle innovation coûtera de plus en plus cher. En avez-vous les moyens ? Le cash-flow généré par l'ADSL, suffira-t-il à financer les deux réseaux des fibres optiques et du mobile ? D'autant que la stratégie commerciale agressive que vous entendez appliquer dans le téléphone mobile commencera par détruire de la valeur. En un mot, les forfaits low cost vous permettront-ils d'échapper à la malédiction qui semble frapper, chez nos voisins, le 4e entrant dans la téléphonie mobile ? Les secousses à la baisse qui frappent votre cours chaque fois que vous paraissez assuré d'obtenir cette quatrième licence révèlent bien les inquiétudes financières de vos actionnaires.

Là on passe un cran au dessus en agitant des contres vérités. D'abord parce que les concurrents n'ont pas encore rattrapé leur retard initial sur Free. Ils se sont contentés de copier et attendent encore la suite des événements pour avancer. On notera en attendant que Free propose le plus de destinations incluses dans le forfait mensuel, l'offre de télévision la plus riche, et le forfait le plus simple : prix unique tout compris. Sans compter des services innovants : TV Perso, Télé Site, service de télécopie (entrant et sortant) et bientôt des jeux. J'en oublie. Pour des concurrents sensés avoir rattrapé Free, on est loin du compte.

Ensuite, Iliad n'entend pas investir uniquement avec son cash-flow dans les réseaux de fibre et les réseaux mobiles. Iliad a des partenaires financiers solides grâce a une stratégie qui sait convaincre. Parlant de mobile, Georges Valence parle de détruire de la valeur. Mais quelle valeur ? Iliad n'a rien a détruire dans le mobile puisqu'il n'y ait pas encore implanté. Au mieux, il s'agit de faire perdre quelques points, provisoirement au cours de l'action. Ce qu'on appelle de l'investissement, quoi. Il a au contraire tout à construire et mon petit doigt me dit que Xavier Niels saura insuffler la bonne idée pour déployer rapidement un réseau GSM suffisamment dense pour pouvoir utiliser librement le réseau de ses concurrents, développer son réseau propre en huit ans. Pour faire court : l'appel à candidature auquel postule Iliad prévoit que le nouvel opérateur devra couvrir au moins 25% de la population française en 3G, d’ici 2 ans (et 80% d’ici 8 ans) en contrepartie de quoi le nouvel entrant aura un « droit à l’itinérance » sur l’un des trois réseaux GSM déjà existants (Orange, SFR ou Bouygues Telecom) les six premières années, ceci afin de faciliter son entrée sur le marché tout en lui laissant le temps de pleinement déployer son réseau (intégralité du texte ici). Avec un peu d'imagination, je vois bien une Freebox embarquant une puce 3G permettant d'atteindre en un temps record les 25% de population à couvrir. Une seule Freebox dans un immeuble et c'est l'immeuble entier qui est couvert. Et avec des niveaux de radiations électriques moins fortes que le Wifi. Bref, si il y a destruction de valeurs, ce sera chez les trois autres opérateurs en place qui font actuellement des marges sur leurs produits dignes de l'industrie du luxe.

3) D'autant qu'ils ne comprennent pas toujours le soin que vous mettez à conserver deux tiers du capital d'Iliad. N'y a-t-il pas une contradiction entre vos grandes ambitions de développement et cette frilosité capitalistique ? La taille de l'entreprise ne risque-t-elle pas de peser sur sa croissance ? En clair, comment voyez-vous Iliad dans cinq ans ? Toujours seul ou marié avec un groupe du secteur ? D'ailleurs écartez-vous à jamais une association avec Bouygues Télécom ?

Cerise sur le gâteau, Georges Valence enfonce le clou et demande, en gros, pourquoi Iliad ne s'arrêterait pas un moment de faire des produits bon marché puisqu'il a la possibilité de faire monter les prix, et donc reverser des dividendes plus juteux à ses actionnaires. Après tous les Freenautes, on peut bien les saigner pour le bien de mon porte-feuille d'actions. Et si justement, Xavier Niels avait la volonté de conserver autant de part dans sa société pour éviter de se faire imposer des stratégies contraires à ses valeurs. Un peu comme celles défendues par Georges Valence ?

Bref, en ces temps difficiles, il me semble que Georges Valence aurait mieux fait de s'abstenir ; il incarne en trois questions le cynisme des investisseurs boursiers peu scrupuleux qui n'ont qu'une idée en tête : le profit à tout prix. On voit aujourd'hui ce que ça donne comme résultat.

12avr.

Quand E.LECLERC abuse

Voici l'histoire d'un tour de passe-passe de la grande distribution comme les aime les associations de consommateurs. Chronologie des faits...

Nutella

La semaine dernière, le 4 avril, je me rends comme chaque semaine à l'hypermarché Leclerc des Maillets au Mans. Comme chaque semaine, j'achète ma dose de drogue pour le petit déjeuner, à savoir du Nutella, la fameuse pâte à tartiner au goût inimitable. Je prends un pot de 750g au rayon boulangerie industrielle puis un peu plus tard, ô surprise, je tombe sur une étale dans l'allée centrale, près du rayon des déjeuners et confitures. Là, des pots de Nutella "format spécial 780g" sont en promotion. Prix du pot : 3.17€ contre 3.20€ le pot de 750g. 30 grammes de produits supplémentaires pour quasiment le même prix, même si c'est pas grand chose, ça ne se refuse pas. Retour à la maison, dans la semaine je note que le pâte n'a pas la même consistance : elle est un peu plus meuble que d'ordinaire. Pas de quoi fouetter un chat, le gout me semble rigoureusement identique, et la pâte est même plus facile à tartiner.

Cette semaine, le 11 avril, l'histoire se répète : retour à l'hypermarché Leclerc des Maillets au Mans. Comme chaque semaine, j'achète ma dose de drogue pour le petit déjeuner, à savoir du Nutella, la fameuse pâte à tartiner au goût inimitable. Joie bonheur du gourmand qui vit en moi, le pot de 780g est toujours exposé. Il a déménagé de quelques mètres pour se retrouver cette fois en tête de gondole, mais les mêmes pots sont toujours là, placardés d'une grosse affiche qui annonce le prix. Innocemment et en toute confiance je dépose donc un pot de 780g dans mon chariot. Prudent, on dira même souffrant d'une légère pointe paranoïaque quand il s'agit de faire confiance à la grande distribution, après quelques mètres je me décide "quand même" à vérifier le prix de ce que je m'apprête à faire passer en caisse. On ne sait jamais. Et là, stupeur. Le pot est cette fois à 4.33 €, 1.16 € de plus que la semaine passée. Inflation surprise de 36.5% sur le prix du produit à 7 jours d'intervale. Retour dans le rayon des confitures où des pots de 750g sont toujours présents. Toujours au même prix : 3.20€.

Alors quoi ? L'enseigne qui entend - et surtout communique à grand renfort de spots radio et télé - défendre le pouvoir d'achat des consommateurs s'engagerait-elle dans une démarche d'abus de confiance de ses clients en mettant en scène des promotions qui ne desservent que ses fournisseurs ? L'enseigne ferait-elle de la désinformation en déployant il y a quelques mois de cela d'énormes affiches dans son magasin comparant, justement, ses prix desdits pots de Nutella avec les prix pratiqués par Carrefour, forcément plus chers ? Pourquoi, enfin, une telle flambée des prix ? Sur le site quiestlemoinscher.com, le comparateur de prix de l'enseigne E.LECLERC, le pot de Nutella de 780g est annoncé à un prix national moyen entre le 28 septembre 2008 et le 29 octobre 2008 à 3.42 €.

En attendant, je suis furieux : à coup sûr, des consommateurs qui n'auront pas le réflex de vérifier les prix auront été abusés.

EDIT 25/04/2009 : Nouvelle flambée des prix. Lire ici.

06déc.

C'est l'hallu.

Témoignage d'un professeur qui se passe de tout commentaire explicatif (à écouter ci-dessous). Surréaliste !

16nov.

Dimanche soir, sur les rotules

Ce week-end, direction Tours pour fêter l'anniversaire d'un pote. Ça a été sympa, autour d'un couscous fait maison. On a bien rigolé, on a veillé tard et ce soir, forcément, je suis sur les rotules. Et j'ai comme l'impression qu'on va être de plus en plus à l'être : le gouvernement s'apprête à autoriser certaines enseignes à ouvrir le week-end. Et ça me pose drôlement question.

D'une part parce que l'ouverture sera autorisée par exception quand la loi est supposée fixer un cadre universel.

D'autre part parce que ce sont des zones dites "d'intérêt" qui seront ouvertes. Et bien entendu ces zones d'intérêt, ne s'y implante pas qui veut. Les places sont chères et ce sont les grandes enseignes, une fois de plus, qui vont donc en profiter au détriment des commerces plus modestes, eux justement qui auraient bien besoin d'un coup de pouce.

Ensuite, parce que le gouvernement indique vouloir proposer une loi qui ne soumet pas les salariés à une obligation, mais à un choix, sauf qu'on n'est pas dans conte de fée et qu'on sait bien qu'il sera facile de faire pression pour qu'un salarié accepte de travailler le dimanche. Pour ceux qui ne céderont pas, on pourra toujours compter sur des contrats précaires comme le commerce en compte tant. Il est également question de repos compensateur en plus d'un double salaire. Et pour ces précaires, plutôt que le double salaire vendu par le gouvernement, avec le repos compensateur qui les obligera à ne travailler qu'un dimanche sur deux, ils gagneront autant en fin de mois que de travailler sur des créneaux horaires plus traditionnels sans devoir sacrifier vie sociale et familiale.

Bref, tout l'art et la manière de trouver une sortie par le bas pour les salariés et une sortie par le haut pour les grands commerces qui, on le sait, font le plus gros de leur chiffre d'affaire le week-end. Finalement, le gouvernement va bien y arriver à tuer le petit commerce.

25mai

Welcome to Sarkofrance

Une bonne nouvelle pour terminer ce week-end. Ceux qui craignaient que le Directeur Général de la République ait effectivement changé vont pouvoir se rassurer : rien ne change, tout continue. Et c'est tout le mal que je souhaite. Continuons de laisser "gouverner", et surtout faire croire, plus on se prendra le mur avec violence, plus la prise de conscience marquera l'Histoire (en espérant que l'Histoire servira). En attendant, il n'y a plus qu'à souffrir sans faire trop de bruit. De toutes les façons, il y aura bien une actualité artificielle pour diluer, notre DGR maitrise.

21mar.

Dansons sur la vague rose de l'opportunisme

Je lis la presse ce matin et découvre Lionel Jospin qui pose sa plume dans Le Monde dans un article au titre accrocheur : "La France, ses déséquilibres" et Laurent Fabius qui propose une loi sur l'aide active à mourir. Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu les ténors du Parti Socialiste s'exprimer. Ceci étant, je note qu'il s'agit de s'exprimer sur des sujets chauds qui parlent à la foule sentimentale (Chantal Sébire, c'est moche ce qu'elle a vécu, le gouvernement Sarkozy, il faut vraiment que ça change : j'ai mal à l'emploi, au supermarché et aux impots) maintenant que les municipales et les cantonales sont passées. Dites-donc, le parti où je suis adhérent, ce n'est pas parce que le Polichinelle de L'Élysée utilise des méthodes de vil communiquant pour tenter de plaire à l'électorat de droite que cela vous autorise à le faire avec celui de gauche. Surfer sur la vague rose est une idée séduisante, mais il me semble qu'il serait bien de ne pas vous payer nos têtes à coup de subterfuges pour espérer gagner la course à la tête du Parti Socialiste. Le public est désormais sensible à l'opportunisme électorale, ce n'est pas en abatant avec ce type de cartes que le Parti Socialiste pourra se reconstruire et avoir une légitimé auprès de l'opinion. Des idées avant tout !

EDIT : Et ça continue pour la course à la suprématie personnelle tout puissante, et dans le genre pas de sentiments... Lamantable.

20mar.

La France se dote d'un outil de communication... à la française.

Tout se passe sur le site de Marianne2 avec deux vidéos qui, misent l'une à côté de l'autre, laissent présager du meilleur sur les informations que la nouvelle Porte-Parole voudra bien distiller. A suivre...

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