Ce soir, Paulette (Olivier pour de vrai, on a nos petits noms ridicules, moi c'est Chantal...) est venu à la maison après que je l'ai invité (avec ou sans E ? du coup je ne sais plus. Non, sans E. Quand même !..). Après un passage par le Centre Gay et Lesbien du Mans (je profite au passage de faire de la pub : soirée le 6 décembre prochain, voir l'affiche), Olivier et moi allons chercher des pizzas pour nous trois (le troisième, c'est mon chéri qui vient de rentrer du taff). Sur le chemin du retour, on a croisé des SDF dont un qui a dit à quelques mots près :
Ca sent bon la pizza, Bon appétit.
Et moi de répondre pour me débarrasser, hyper gêné, pris d'un sentiment coupable et d'une seule envie, fuir le malaise :
Merci... Bon courage.
Je ne lui ai rien laissé, sinon son triste sort. Et à m'écouter, ma réponse a été ignoble. Ce que je lui ai répondu est grotesque et particulièrement déplacé. Ça a plombé une partie de mon repas. Prochaine fois (dans pas longtemps, à n'en pas douter), je prendrai une pizza supplémentaire que j'offrirai au groupe de SDF. J'ai beau être convaincu que ça n'est en rien une solution pour les sortir de la rue, conscient que c'est aussi un moyen de me dédouaner, ce sera au moins un peu de contact social de préservé, en leur souhaitant des jours meilleurs. Si un jour mère France veut bien s'occuper de ces enfants Citoyens.

Voilà que ça recommence. Un homme a été mortellement agressé, retrouvé à demi-nu dans un jardin public de Cambrai, dans le Nord. Le mieux, c'est que la Police met en doute le fait qu'il puisse s'agir d'une agression homophobe et évoque la piste d'une bagarre qui aurait dégénéré. C'est bien connu, quand on bat à mort quelqu'un dans un lieu public, on pense à dévêtir la victime. Quand est-ce que tout cela terminera, tant les violences envers les homos que la difficulté des autorités à prendre en considération ce type d'agressions (autrement qu'en fermant les jardins, va sans dire ; il ne s'agit pas de déplacer le problème).
Rappel des faits. L'